Pourquoi Libreville est la meilleure issue pour les « frères ennemis » centrafricains?

Security Sector Reform Seminar - Day 1 - Pdt Bozizé par hdptcar, via Flickr CC
Security Sector Reform Seminar – Day 1 – Pdt Bozizé par hdptcar, via Flickr CC

Les rebelles de la coalition Seleka menacent plus que jamais le régime du Président François Bozizé en République centrafricaine. Depuis le début de leur offensive, les rebelles se sont emparés de plusieurs villes stratégiques et d’une grande partie du territoire de ce pays d’Afrique centrale, à tel point que la Seleka a atteint la localité de Sibut et ne se trouve plus qu’à environ 160 km de la capitale. Conscient du risque que cette progression représente pour Bangui et son régime, le président François Bozizé – au pouvoir depuis 2003 – a appelé les rebelles à accepter l’idée de négociation sans délais et sans conditions sous l’égide des instances africaines à Libreville.

Loin de vouloir me faire l’avocat du diable ou de qui que ce soit dans cette crise aux conséquences lourdes pour les populations civiles, je crois dur comme fer que tout doit être fait pour éviter la chute de Bangui au profit de ces négociations.

Pourquoi  Bangui ne doit pas tomber ?

Primo, la Seleka est une coalition hétéroclite composée de plusieurs factions rebelles mais aussi de groupes de création récente tous unis par le même idéal : faire tomber François Bozizé. Faire tomber Bozizé… D’accord mais et après ?

Plusieurs zones d’ombres planent encore sur cette coalition rebelle, et notamment autour de son programme politique et de ses ambitions une fois le roi détrôné. A ce sujet, Alain Lamessi -un centrafricain de la Diaspora – écrivait  récemment dans une tribune libre :

« Il faut avoir lu la déclaration de sortie de crise […] pour se rendre compte à quel point leur plateforme revendicative reste pour le moins catégorielle. Pas de ligne politique conceptualisée, ni structurée, pas d’idéologie claire et cohérente, pas de revendications précises. Tout cela finit par convaincre que la Seleka, dans sa forme actuelle, n’est pas et ne peut pas être une alternance crédible au régime de Bozizé ».

En l’absence de vision et de perspectives claires une fois Bozizé « hors du palais », l’observateur que je suis ne peut que craindre que ceux qui se présentent en futurs sauveurs ne se transforment rapidement en bourreaux à cause des ambitions personnelles des différents leaders des factions qui composent cette coalition de la Seleka. Surtout que ce n’est pas la première fois que l’on entend des groupes rebelles ou des officiers en position de force se targuer de « messie » ou de sauveur, mais a quelques exceptions près la suite on la connait…

La seconde raison est que le démocrate que je suis pense que le fait de prendre le pouvoir par les armes devrait appartenir à une autre époque et non à celle que nous vivons aujourd’hui . Avec les armes il n y a pas moyens d’épargner d’innocentes vies humaines. La chute de Bangui serait un grand recul de la démocratie et elle pourrait donner aussi des idées à d’autres groupes rebelles qui sévissent dans la région.

Dialoguer pour sortir de la crise…

Ce qui est évident, c’est que plus rien ne sera plus comme avant en République centrafricaine. Avec le revers militaire, le président centrafricain est plus que jamais disposé à discuter et à faire des concessions pour trouver une solution à la crise, et en même temps trouver une porte de sortie honorable pour lui et les siens.

Rappelons qu’il a déclaré dans ses vœux à la nation pour la nouvelle année 2013 qu’il ne se représenterait plus en 2016. Plus que jamais, le Président centrafricain François Bozizé est en position de faire des concessions de cohabiter, de partager le pouvoir pour une sortie de la crise la tête haute. La meilleure solution à cette crise ne pourra venir que par le dialogue entre toutes les forces vives de la République centrafricaine, le gouvernement, les différentes factions rebelles, la classe politique et la société civile sous l’égide des instances africaines. Cela permettra d’autre part de mettre fin à la psychose qui s’est emparée de Bangui mais surtout de sauver plusieurs innocentes vies humaines.

Salut chers lecteurs et lectrices et à bientôt j’espère.

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keitamamady
Né en 1990 à Conakry, capitale de la Guinée, je suis étudiant à l’Université Nationale des Mines de Dnipropetrovsk (Ukraine). Passionné de journalisme et d’écriture, j'ai travaillé deux ans comme collaborateur au groupe de presse L’indépendant-le Démocrate. Je suis également le coordonnateur du club RFI d’Ukraine.

One thought on “Pourquoi Libreville est la meilleure issue pour les « frères ennemis » centrafricains?

  1. Hummmm, cette affaire de renverser les régimes par les armes…. Triste réalité. Mais au moins, je salue la vive réaction de la Communauté économique des états d’Afrique Centrale. C’est extrêmement courageux et salutaire; cela a joué un rôle fort dissuasif. C’est ce qui a manqué à la CEDEAO, dans la gestion de la crise malienne.
    Aphtal

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