Le Samedi historique malien vu d’Ukraine

Seydou Keita le capitaine Malien photo de Rogard Ward/REUTERS
Seydou Keita le capitaine Malien photo de Rogard Ward/REUTERS

Décidément l’année 2013 commence plutôt bien pour le Mali. Après la libération progressive et de plus en plus effective des grandes localités du nord,et la visite historique du président François Hollande, les Aigles du Mali – l’équipe nationale de football du pays – viennent d’arracher leur ticket pour les quarts de finale de cette compétition continentale au détriment des Bafana Bafana, l’équipe nationale du pays hôte-l’Afrique du sud.

Une succession de bonnes nouvelles qui ne laisse pas les Maliens indifférents tant ceux de l’intérieur que ceux avec lesquels je partage parfois mon quotidien ici à Dnipropetrovsk, en Ukraine.

« Ce samedi sera un jour historique pour notre pays car tu verras Mamady, la visite de Francois Hollande notre Sauveur, l’homme qui nous est venu au secours quand notre navire Mali chavirait, se passera très bien. Et je t’assure que les Aigles aussi vont se qualifier pour les demies finales » ,me prédisait dès le matin Alimou Diakité, un étudiant malien avec lequel je suis ami depuis peu.

Quelques heures plus tard, je rappelle Alimou pour recueillir sa réaction sur le bain de foule et l’accueil triomphal que les Maliens de Sévaré, de Tombouctou et de Bamako ont réservé au président français.Une visite que RFI, France 24 et d’autres grands médias internationaux francophones nous font vivre comme si nous y étions. Je n’ai même pas le temps de poser ma question Alimou aux anges me lance :

« Va sur RFI ou France 24. Tu entends ce qu’on dit,tu vois les images en direct ? On parle d’accueil triomphal, de drapeaux français et maliens, de joie, de ferveur, de visages avec des larmes de joie,d’ovation… Un des plus beaux moments d’une carrière politique : pour François Hollande et pour Dioncounda Traoré notre cher président de la transition »

Puis le jeune étudiant malien ému poursuit : « C‘est l’un des plus beau jour de ma vie pour moi aussi, surtout que je suis certain que nous allons nous qualifier pour les demi-finales ! »

Quelques heures plus tard, alors que je me détends dans un petit bar non loin de mon modeste studio situé en plein centre de Dnipropetrovsk, mon téléphone sonne. Au bout du fil encore Alimou.

– Dis donc c’est comment mon frangin tu t’es installé ? Tu es prêt pour voir le beau spectacle que se prépare à nous offrir les Aigles ?

– Pas encore koro (frère en Malinké),mais je suis sur le point de rentrer pour voir le spectacle.

Je me précipite pour finir mon verre et m’engouffrer dans le premier tramway en direction de la maison. Je suis chanceux, j’arrive à temps à la maison. Je me connecte à un site qui retransmet le match en direct.

En première période du match, les Bafana Bafana d’Afrique du Sud ouvrent le score à la 31ème minute devant leurs 45.000 supporters,  grâce à l’attaquant Anthony Rantie dans un Moses Mabhida Stadium de Durban qui exulte. Je compose le numéro d’Alimou pour savoir ce qu’il pense de cette ouverture du score, mais le choc est tellement violent pour lui qu’il ne décroche pas son téléphone, qui sonne pourtant longtemps. Il faut souligner que les Maliens ont plutôt été décevant en première période, à l’exception des défenseurs et du gardien Soumaila Diakité.

En seconde période; les Aigles reviennent sur le terrain un peu plus décontractés et avec de meilleurs intentions. A la 58ème minute, leurs efforts sont récompensés et ils reviennent au score grâce à leur capitaine Seydou Keita. Au même moment, mon téléphone se remet à ronronner. Au bout du fil, Alimou est aux anges, à tel point que je ne comprends pas trop ce qu’il dit.

La nuit sera longue, mais les Maliens se qualifieront aux tirs au but grâce à l’excellent gardien de but Soumaila Diakité. Une équipe pas trop brillante certes, mais une qualification de loin méritée. Au lendemain de cet exploit malien, Alimou m’explique qu’un éventuel succès lors de cette CAN 2013 faciliterait beaucoup la renaissance de son pays et une réconciliation nationale dont le Mali a bien besoin. C’est pourquoi malgré le chemin  encore long, il espère vivement que les Aigles auront assez de force et de talent pour ramener la coupe à Bamako, à Tombouctou, et dans toutes les grandes villes du Mali.

En attendant félicitation et bonne chance aux Aigles !

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keitamamady
Né en 1990 à Conakry, capitale de la Guinée, je suis étudiant à l’Université Nationale des Mines de Dnipropetrovsk (Ukraine). Passionné de journalisme et d’écriture, j'ai travaillé deux ans comme collaborateur au groupe de presse L’indépendant-le Démocrate. Je suis également le coordonnateur du club RFI d’Ukraine.

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