Week-end à la campagne : l’hospitalité ukrainienne à l’épreuve

Photo Mamady Keita
(Crédit photo : Mamady Keita)

Depuis la création de ce blog, je me suis jusque là évertué à partager avec vous l’atmosphère assez bruyante des centres urbains ukrainiens. Aujourd’hui, je vous propose que nous nous affranchissons de cette petite tradition en faisons un tour dans l’univers de la campagne, ne serait-ce que le temps d’un weekend ensoleillé.

Comme un peu partout ailleurs, c’est dans les villages et les petites localités que le peu qui reste des cultures, des mœurs, des traditions et des coutumes est encore vivant. Cette petite excursion est l’ occasion idéale de s’enquérir de toutes ces réalités. Comment les Ukrainiens accueillent-ils leurs étrangers ? Sont-ils aussi ou plus généreux que les Africains, dont la renommée en matière d’hospitalité a déjà fait le tour du monde ?

Le weekend dernier, notre petite classe d’une vingtaine d’étudiants a troqué l’atmosphère de Dnipropetrovsk faite de klaxons, de bruits de tramways et de sonorités de tous genres, pour l’impressionnant calme de Berezovka. Une petite localité d’à peine 12.000 habitants, située dans la région d’Odessa au sud de l’Ukraine. A l’occasion, les autorités locales ont mis les bouchés doubles et prit soin du moindre détail. « Il fallait que vous voyez à quoi ressemble l’hospitalité ukrainienne », nous a confié un responsable du conseil communal.

Pour tout vous dire, je dois avouer que les touristes VIP que nous étions étaient vraiment impressionnés. Dès notre arrivée, nous avons tout d’abord pu apprécier de jolies demoiselles en habits traditionnels chantant les louanges – en langues ukrainienne bien sur – des étrangers que nous étions. Voici sans commentaires quelques photos prise à notre descente du bus affrété à l’occasion. Appréciez vous même.

Les charmantes demoiselles de Berezovskou
Les charmantes demoiselles de Berezovskou (Crédit Photo : Mamady Keita)
Deux journalistes locaux étaient aussi présent
Deux journalistes locaux étaient aussi présents (Crédit Photo : Mamady Keita)

Comme vous le voyez , les étrangers sont accueillis ici selon la tradition avec une sorte de rituel du pain et du sel.

« Dans la tradition ukrainienne, le pain symbolise la paix, la sainteté et le souhait de prospérité. Quand au sel, il protège l’étranger contre les forces du mal »,  m’explique Valentina Ivanovna notre spécialiste de l’Histoire et en même temps guide de l’excursion.

Ce que portent sur la tête les charmantes demoiselles s’appelle le « vinok » . Nous apprenons par la voix de notre guide, que le vinok protège les jeunes filles contre les tentations et les forces du mal. D’ailleurs, une légende bien connue raconte l’histoire d’une jeune fille portant le « vinok » et qui allait chercher des baies de la viorne obier, un arbuste à feuilles caduques et palmées qui joue un grand rôle dans la tradition slave et est un des symboles ukrainiens. Sur le chemin, elle a rencontré en chemin un jeune homme très beau et galant, lui promettant de se marier avec elle à condition qu’elle ôte les fleurs de sa tête. En dépit de l’interdiction de sa mère, la jeune fille n’a pas résisté au charme du bel inconnu, par la suite le jeune homme s’est transformé en diable et a enlevé la jeune fille. Comme l’illustre très bien cette légende, notre guide nous explique que dans la tradition ukrainienne le vinok immunise d’une certaine manière toutes celles qui la portent contre toutes les forces du mal.

Cette journée à la campagne était l’occasion aussi de se rendre compte du contraste saisissant entre les grands centres urbains et les villages ou autres petites localités en matière d’infrastructures. En lieu et place des grands et modernes  immeubles de la ville, à la campagne les habitations sont souvent petites, modestes et vétustes. L’ambiance bruyante et un peu folle des grands centres urbains n’a pratiquement rien à voir avec l’extraordinaire silence qui prévaut dans les rues de la campagne. Il n’y a aucun mal à s’apercevoir qu’ici, on vit d’agriculture etd’élevage, comme en témoignent les étendues de terre  à pertes de vues sur lesquels germeront certainement bientôt le blé, la pomme de terre et bien d’autres cultures encore. Dans cette petite localité, la plupart des jeunes avec lesquels j’ai échangé quelques phrases m’ont confié chérir le rêve d’aller vivre définitivement un jour dans les grands centres urbains.

lors du match de football appréciez le paysage juste derrière les joueurs
lors du match de football appréciez le paysage juste derrière les joueurs (Crédit Photo : Mamady Keita)

Cette excursion nous a enfin permis de changer d’air et d’en apprendre un peu plus sur l’Ukraine et les Ukrainiens, qui nous ont réservé un  accueil chaleureux. Un concert bercé par des rythmes traditionnels et un grand dîner a été offert en notre honneur par les habitants et les autorités.

Lors du concert. Photo Mamady Keita
Lors du concert (Crédit Photo : Mamady Keita)

Après la visite du musée historique de Berezovka et de plusieurs autres monuments, notre petit périple a prit fin par une séance de reboisement au cours de laquelle nous avons planté et arrosé une trentaine d’arbustes, car à Berezovka on raconte qu’il est de tradition que les visiteurs immortalisent leur passage par cet acte hautement symbolique en faveur de l’environnement.

L'heure du retour Photo Mamady Keita
L’heure du retour ( Crédit Photo : Mamady Keita)

A bientôt chers lecteurs et lectrices pour d’autres aventures au pays de la vodka et du vinok.

The following two tabs change content below.
keitamamady
Né en 1990 à Conakry, capitale de la Guinée, je suis étudiant à l’Université Nationale des Mines de Dnipropetrovsk (Ukraine). Passionné de journalisme et d’écriture, j'ai travaillé deux ans comme collaborateur au groupe de presse L’indépendant-le Démocrate. Je suis également le coordonnateur du club RFI d’Ukraine.

2 thoughts on “Week-end à la campagne : l’hospitalité ukrainienne à l’épreuve

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *