Ukraine : Les étudiants subsahariens et le dilemme du ramadan

communauté musulmane
Communauté musulmane source Flickr.com

Il y a juste quelques jours, a débuté Le mois saint de ramadan. Une occasion pour tous les musulmans de se rapprocher un peu plus de Dieu d’implorer sa grâce mais aussi et surtout son pardon pour tous les pêchés commis. En Ukraine depuis à peu près deux ans, ce mois saint qui est certainement le plus important du calendrier musulman coïncide avec la période des vacances universitaires.

Pour les étudiants expatriés particulièrement ceux originaires d’Afrique subsaharienne la période des vacances universitaires est le seul moment où l’on peut monter une troupe artistique, décrocher un job d’ouvrier dans un chantier de construction ou une usine, ou encore pour les plus chanceux se faire embaucher comme barman ou vendeur dans un marché; des travaux à plein temps plus ou moins bien rémunérés qui permettent d’économiser des sous cela dans l’optique de la préparation de la rentrée universitaire prochaine prévue très souvent en début septembre.

Comme vous l’imaginez travailler dix heures d’affilés parfois jusqu’à six jours par semaine dans un chantier de construction, une usine, un bar ou un maquis s’avère totalement incompatible avec le jeûne qui est l’élément qui caractérise le plus le mois saint de ramadan.

Alors la période des vacances universitaires; seul moment de l’année où les étudiants peuvent travailler à plein temps qui coïncide avec le mois saint de ramadan certainement le plus sacré et le plus important du calendrier musulman pose toujours un sérieux problème aux étudiants musulmans surtout les plus défavorisés, ceux qui sont le plus dans le besoin.

Un véritable dilemme. Une situation qui offre des solutions qui ont tous la spécificité de ne pas être satisfaisante. Que faire ? Travailler, ne pas jeûner ? ou jeûner, ne pas travailler même si dans ce cas l’ouverture universitaire prévue le premier septembre prochain peut parfois être très difficile ? Quand aux conditions de travail, elles sont tellement difficiles qu’il est vraiment très pénible de travailler dans un chantier et de faire le ramadan.

Un chantier de travail Source : Mamady K.
Un chantier de travail Source : Mamady K.

Face à cette situation difficile chacun à ses priorités, Il faut dire que chaque étudiant à ses particularités. Moussa Doumbouya est originaire du Mali; interrogé cet étudiant de l’université d’architecture d’Odessa m’explique avoir choisi de faire le ramadan.

« Le jeûne fait partie des cinq piliers de l’islam. A mon avis le plus important n’est pas de crier à la face du monde que l’on est musulman mais il s’agit plutôt de s’acquitter de ses devoirs, de ses obligations parmi lesquelles figure en bonne place le jeûne. Je me suis préparé j’ai fais des économies toutes l’année scolaire, je réduis mon train de vie les onze autres mois pour être au rendez vous du mois saint de ramadan. Pendant le mois saint je reste enfermer parfois dans ma chambre toute une journée pour éviter la tentation car le mode vestimentaire exhibitionniste des gens ici n’est pas favorable aussi au jeûne. C’est cela aussi le mois de ramadan en Ukraine : beaucoup de sacrifice … » m’explique Moussa qui conclut « Quand j’étais à Bamako je faisais entièrement le ramadan malgré que ce n’est pas facile ici je veux continuer à garder cette tradition ».

Ibrahima un autre étudiant a quand à lui décrocher un job dans un chantier de construction il travaille neuf heures par jour.

 » Je ne peux pas faire le ramadan avec les conditions difficiles de travail auxquelles je suis confronté et surtout la chaleur caniculaire qui sévit ici en ce moment. Lorsque j’étais en Guinée, j’étais très enthousiaste avec l’arrivée du ramadan mais ici je ne peux pas du tout faire le jeûne. Surtout que je dois moi même me nourrir dans ce pays, payer mes études, payer mon loyer, me soigner quand je tombe malade etc …c’est pourquoi il me faut ce travail moi, c’est une question de survie » conclut t-il très émut.

Ils sont aussi quelques uns cette fois peu nombreux à résister à toutes les contraintes du travail ainsi qu’à la chaleur caniculaire pour faire le jeûne du mois de ramadan. Quoiqu’il en soit il faut faire montre d’une immense témérité pour faire partie de ce dernier groupe.

Et vous quelle est votre opinion sur ce sujet ? Vos commentaires et réactions sont les bienvenus.

A bientôt j’espère.

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keitamamady
Né en 1990 à Conakry, capitale de la Guinée, je suis étudiant à l’Université Nationale des Mines de Dnipropetrovsk (Ukraine). Passionné de journalisme et d’écriture, j'ai travaillé deux ans comme collaborateur au groupe de presse L’indépendant-le Démocrate. Je suis également le coordonnateur du club RFI d’Ukraine.

3 thoughts on “Ukraine : Les étudiants subsahariens et le dilemme du ramadan

  1. Mamady, je pense qu’on peut à la fois jeûner et travailler. Surtout avec le climat en Ukraine cela devra plus abordable qu’à Bamako, par exemple ou il fait souvent très chaud. En tous cas, je pense que tout cela dépend de la détermination.

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