Guinée : Le Ramadan et la tradition de la flambée des prix …

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Dans la plupart des pays musulmans c’est le 26 mai dernier que les fidèles ont entamé le jeûne du mois de Ramadan. Trente jours au cours desquels, les musulmans ne doivent ni manger, ni boire ni avoir des relations sexuelles de l’aube au coucher du soleil. En Guinée pays à forte majorité musulmane, ce mois saint du calendrier islamique rime avec dénuement, et spéculation.

Madina véritable casse-tête pour les ménagères…

Le marché Madina est un des plus grands bazars de Conakry la capitale. C’est ici que viennent faire leur course les ménagères du quartier de Mafanco et de ses environs. Salématou Camara une d’entre elles est mère de deux enfants. Lorsqu’on lui pose la question sur les prix des denrées sa réponse ne se fait pas longtemps attendre.

«C’est la même chose lors de tous les mois de ramadan. Les autorités apparaissent à la télévision, ou interviennent sur des radios pour annoncer des mesures, les commerçants aussi prennent des engagements mais la vérité sur le marché vous pouvez le constater vous-même les prix des denrées sont assez élevés et inabordables… ».

A quelques pas de là, dans un des nombreux magasins qui bordent la rue, foulard sur la tête Habibatou négocie le prix d’un sac de riz de 50 kg. «Il y a une différence entre les prix selon les magasins et les boutiques, et c’est là que certains en profitent» se désole la jeune femme qui poursuit «J’ai déjà fait beaucoup de magasin et je compte en faire encore quelques-uns avant de me décider pour faire une bonne affaire». «J’ai été obligé de demander à mon mari d’augmenter les frais de nos dépenses journalières en matière de nourriture car le marché est devenu plus cher ces derniers jours » se lamente pour sa part Mabinty Camara une mère de famille.

Marc Yombouno Ministre du Commerce …

Les commerçants et le gouvernement ou le jeu du «je t’aime moi non plus …»

Du coté des opérateurs économiques et des petits commerçants, on rejette toutes responsabilités dans la hausse des prix des denrées de première nécessité que sont entre autres le riz, le sucre le lait. «Nous avons sollicité toujours de l’État de ne pas danser après la musique» explique Chérif Mohamed Abdallah président du groupe organisé des Hommes d’Affaires (GOHA). Pour lui «Il ne faut pas attendre que le mois de Ramadan arrive pour agir. Il faut se préparer six mois précédents ou même trois mois précédents ». Par ailleurs le président de cette puissante organisation patronale du pays explique qu’il sensibilise l’ensemble opérateurs économiques, à ne pas augmenter les prix surtout durant ce mois. «Nous leur demandons même si c’est possible de vendre au prix du revient parce que c’est un sacrifice pour nous-mêmes, pour nos familles et pour la nation»

Pour sa part le ministre du commerce a organisé une rencontre avec les opérateurs économiques. Dans une interview à une radio privée de la place Marc Yombouno espère que les opérateurs économiques respecteront leurs engagements de ne pas faire exploser les prix sur les marchés avant d’affirmé vouloir lutter contre toutes les formes de spéculation. «J’incite toutes les organisations de consommateurs à remonter les informations afin que l’on puisse agir» conclut le ministre.

Soulager les populations en mettant fin aux spéculations de toutes sortes pendant ce mois saint devrait être au centre des préoccupations de tous…

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keitamamady
Né en 1990 à Conakry, capitale de la Guinée, je suis étudiant à l’Université Nationale des Mines de Dnipropetrovsk (Ukraine). Passionné de journalisme et d’écriture, j'ai travaillé deux ans comme collaborateur au groupe de presse L’indépendant-le Démocrate. Je suis également le coordonnateur du club RFI d’Ukraine.

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