Chronique d’une traversée scène 2 ou mon premier voyage en avion!

Je ne savais pas qu’un voyage pouvait être à ce point riche d’événements et de rebondissements. J’oubliais peut-être que le voyage Conakry- Odessa et le trajet Kaloum-Dixinn que je faisais chaque matin pour me rendre dans les locaux du journal pour lequel je travaillais n’allait en rien se ressembler. C’est aux environs de 21 heures que ce 27 septembre 2011, fièrement mais le coeur lourd je descendais de la vieille Renault de mon oncle pour prendre mon avion en direction d’Odessa en Ukraine avec escale à Casablanca la Marocaine et Istanbul la capitale économique turque.
Aéroport Atatürk d’Istanbul
sleepless (jan 2009) Wegweiser / Hinweistafel

À Casablanca rien de spécial à part que j’avais été marqué par la douceur du vent qui y soufflait ce matin de fin septembre. Puis vint la fameuse escale d’Istanbul celle qui allait m’ouvrir un peu les yeux sur ce que c’était la vie loin de ceux qui vous aiment et vous protègent. Je devais passer la nuit dans cet aéroport et m’envoler le lendemain pour ma destination finale. Mais voila qu’au contrôle d’accès au terminal de transit un agent explique à mon ami Souleymane et moi qu’il nous manquait des papiers importants sans lesquels nous ne pourrions pas avoir accès ni au terminal de transit ni prendre notre avion pour Odessa prévu le lendemain. Il était grand cet aéroport, et le drame pour nous était qu’il fallait parler soit en anglais soit en arabe aux rares personnes qui prennent leur temps pour vous écouter . Et parler anglais ou arabe ce n’était pas vraiment notre point fort mon ami et moi. Donc je commençais à avoir la trouille mais à quoi bon me disais-je dans ma tête après tout l’agent de contrôle avait dit ce qu’il avait dit .Je me disais que ni aucune larme, ni aucun acte incontrôlé ne me sortiraient de ce pétrin qui me guettait et cherchait à se confondre à mon chemin. C’est vrai c’etait la première fois que l’enfant chéri de la famille Keita devait franchir un obstacle seul sans papa et maman bon enfin ils étaient loin et j’allais trop les inquieter en cherchant à les informer. Donc je me ressaisissais et demandais à l’agent de contrôle ce que je devais faire en pareille circonstance avec des gestes de la main, de la tête, et le tout petit peu qui me restait de mes cours d’anglais au lycée. On avait une fois l’anglais par semaine au lycée .Et là aussi le professeur était très souvent absent car c’était un volontaire. Je sais pas mais je dirais que j’étais drôle avec tous ces gestes et ces mots à l’envers en essayant de communiquer avec l’agent de contrôle.Et c’était une femme elles aiment les personnes drôles ai-je compris un peu plus tard. Tout cela nous a aidé mon ami et moi à détendre un peu l’atmosphère autour de nous. C’est ainsi qu’elle nous a expliqué qu’on devait chercher une solution avant le lendemain et se méfier de sortir de l’enceinte de l’aéroport car on risquait de se faire chopper par les policiers. Et comme les bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, elles nous indiquaient un comptoir où on pouvait prendre un autre billet à la place de celui qu’on avait oublié de prendre à l’aeroport de Conakry. On abusait de sa gentillesse en la demandant de nous accompagner à ce comptoir parce qu’on avait peur de ne pas pouvoir nous faire comprendre une fois là bas. Heureusement c’était notre jour de chance. Et quelques instants plus tard je prenais un autre billet pour ma destination et je devais passer la nuit dans cet impressionnant aéroport precisement dans le terminal de transit.

Impressionnant car jusque-là je n’avais jamais vu de mes yeux un tout aussi grand et bel endroit, je n’avais jamais vu autant de personnes pressées de la sorte, autant d’infrastructures modernes bref pour moi qui avait grandi en province dans ma Guinée natale je me demandais si j’était pas dans un rêve trop beau pour être vrai.

Aéroport Atatürk d’Istanbul(Vue intérieure)
celles (déc 2008) der Flughafen zu Weihnachten

Soudain je croisais enfin un regard que je reconnaissais à peine tellement qu il avait changé. J’avais appris que c’était ça l’europe. Je le reconnaissais pas parce qu’il était devenu rasta man avec les longs cheveux qui avaient poussé sur sa tête.Plus tard il m’expliquait qu’il était obligé d’être rasta man car s’il évalue le cout de la coiffure il préferait garder encore ses cheveux. Mon oncle avait changé physiquement c’était vrai, mais je n’avais pas encore tout compris car il me réservait une surprise loin d’être agréable. En effet il m’invitait dans un petit restaurant au sein de l’aéroport et commandait à manger pour nous. Pendant que nous mangions, je pensais à mes amis car nous étions 11 dans la même galère de voyage. Alors je lui demandais la permission de le presenter à mes amis. À cela il ne trouvait aucun obstacle apparent. C’est ainsi que je me levais et à ma grande surprise au retour il avait pris le large laissant la consigne que la note était pour moi. Oh qu’il était méconnaissable il avait changé physiquement et pas seulement. Je me demandais si ce n’était pas le sort qui m’était réservé à moi aussi après avoir choisi de vivre à l’étranger.Mais après tout j’avais été trop mis en garde avant mon départ par mes parents et les proches pour de si tôt changer ou penser pouvoir le faire. C’est ainsi que nous avions passer-la nuit dans cet aéroport une nuit pleine de rencontre et de decouverte.

L’escalier d’Odessa symbole de la ville

Ce qui est bien fini toujours bien. Le lendemain j’atterissais à Odessa ma destination finale. J’allais entamer là ma nouvelle vie, pleine encore d’événements et d’anecdotes que je vous reconterais au fil de vos visites sur cette plateforme qui se veut la vôtre aussi. Pour moi c’est sa un peu la vie. Une succession d’événements heureux et malheureux qu’il faut apprendre à gérer au fur et à mesure jusqu’au jour où la fin sonnera.

Mais en attendant prenons soin de nous et bonne chance à tous.
À bientôt !

 

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keitamamady
Né en 1990 à Conakry, capitale de la Guinée, je suis étudiant à l’Université Nationale des Mines de Dnipropetrovsk (Ukraine). Passionné de journalisme et d’écriture, j'ai travaillé deux ans comme collaborateur au groupe de presse L’indépendant-le Démocrate. Je suis également le coordonnateur du club RFI d’Ukraine.

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