Dakar : ce que trainent les « rois de la débrouille »

vendeurs ambulants de Dakar. Crédit photo Mamady K.
Vendeurs ambulants de Dakar (Crédit photo Mamady K.)

Tous les jours jusqu’à des heures tardives de la nuit parfois, ils envahissent les rues de Dakar, la capitale sénégalaise. Ils, se sont les marchands ambulants de cartes de recharges, d’objets d’arts, de Bine Bine, de lunettes de soleil… Mais aussi ce sont les cireurs de paires de chaussures, les taximan… Ou devrais-je dire pour résumer, les Dakarois de la débrouille dans le difficile combat pour la survie.

Comment se retrouve-t-on dans les rues de Dakar à faire les vendeurs ambulants ? Comment ces hommes et femmes parviennent t-ils à joindre les deux bouts avec leurs maigres revenus dans une ville où le coup de la vie est relativement chère ? Quels sont les espoirs, les rêves, qui animent encore les marchands ambulants de Dakar ? Nous avons profité de la session de formation des Mondoblogueurs pour aller à la rencontre de ces hommes et femmes qui sont très visibles dans les rues de la capitale sénégalaise et qui ont choisit la débrouille avec parfois très peu de moyens pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles dans un pays où le taux de chômage est relativement élevé.

Il est 16 heures à Dakar, je suis aux abords du marché Sandaga en compagnie de quelques confrères de la plateforme Mondoblog ( Kpenahi Traoré, Mohamed Sneiba et Stéphane Huët) dans le cadre d’une série de reportages en rapport avec Dakar la capitale sénégalaise « de la débrouille ». La circulation est dense et les Klaxons de voitures retentissent de tous les cotés. C’est dans cette atmosphère un peu particulière que je fais la connaissance d’Ibrahim Faye, un vendeur ambulant de Bine Bine (collier de perles que les femmes mettent autour de la taille pour séduire).

Bine Bine. Crédit photo Mamady K.
Bine Bine (Crédit photo Mamady K.)

Ibrahim Faye m’explique qu’il est vendeur ambulant d’artifices de séduction pour femmes depuis 1995. Certes ce n’est pas le travail dont il rêvait de faire enfant mais pour lui ce job vaut mieux que voler ou sombrer dans le crime et l’escroquerie. Et ce n’est pas tout, écoutez plutôt notre entretien.

A quelques pas de là, je rencontre Diallo Boubacar. Lui est revendeur de cartes de recharges téléphoniques depuis l’année dernière. A force de discuter avec lui, j’apprends qu’il est guinéen et qu’il est étudiant dans le domaine des arts dans une école professionnelle de la place. Issu d’une famille paysanne vivant en Guinée, il rêve de sortir les siens de la pauvreté. Malgré son quotidien difficile, il m’explique qu’il s’efforce de garder le sourire. Il a même un message à l’endroit des hommes politiques guinéens.

« Je souhaite que les politiciens guinéens se donnent la main pour organiser les élections législatives et faire sortir notre pays de la misère. Je pense que les jeunes de Guinée méritent de connaitre le bonheur chez eux. Je pense que nous pouvons faire mieux que beaucoup de pays de la sous région car on a tout chez nous. Nous sommes très riches. Nous avons les les cours d’eau, le Diamant, l’or, la bauxite…il suffit qu’ils se donnent la main et des idées; tu verras que notre pays sera le pays où tout le monde voudra aller vivre… »

Âgé de 19 ans Lamine Guèye est quand à lui cireur de paires de chaussures à Dakar, il maîtrise bien l’avenue Petavin de Dakar où il passe la plupart de ces journées à la recherche de potentiels clients.

« Cireur de paires de chaussures est un boulot qui ne plait pas, mais il faut que je mange, il faut que je m’habille c’est pourquoi je ne peux pas arrêter. Je viens de la Casamance où ma famille vit de l’agriculture. Depuis tout petit je n’ai jamais voulu avoir la même vie qu’eux, donc j’ai décider de venir à Dakar chez mon oncle qui est polygame et gardien dans une société ici. Donc c’est pas facile pour moi c’est pourquoi je me débrouille un peu moi aussi. Je rêve d’aller dans un  centre de formation de graphiste. C’est pourquoi je garde un peu d’argent de coté et j’espère en avoir suffisamment pour réaliser ce rêve d’aller dans un centre pour graphistes un jour ».

Matériels de cireur dans les rues de Dakar. Crédit photo Mamady K.
Matériels de cireur dans les rues de Dakar. Crédit photo Mamady K.

Le Sénégal est un pays qui a fait beaucoup de progrès en matière démocratique et sur le plan des infrastructures. Cependant l’exode rural et le taux de chômage élevé qui avoisine les 49%  (chiffre de 2010 selon l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie du Sénégal) transforment de plus en plus de jeunes parfois diplômés en vendeurs ambulants.

Vos commentaires seront les bienvenus. Merci à tous et à bientôt j’espère.

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keitamamady
Né en 1990 à Conakry, capitale de la Guinée, je suis étudiant à l’Université Nationale des Mines de Dnipropetrovsk (Ukraine). Passionné de journalisme et d’écriture, j'ai travaillé deux ans comme collaborateur au groupe de presse L’indépendant-le Démocrate. Je suis également le coordonnateur du club RFI d’Ukraine.

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