Ukraine : Chronique d’une nuit animée à Dnipropetrovsk

Crédit Photo: Moulin Rouge
Crédit Photo: Moulin Rouge

Dnipropetrovsk il est 9 heures du soir . Il y a tout juste quelques heures les derniers rayons de soleil disparaissaient absorbés par une nuit tombante qui promet d’être longue, très longue. Après une journée ennuyante derrière les petits écrans de nos ordinateurs, dans notre petit studio étudiant, Lansana mon ami et moi décidions d’aller nous dégourdir les jambes.

A Dnipropetrovsk, lorsque tombe la nuit, les rues surtout ceux du centre ville, les rives du fameux fleuves le Dniepr et les nombreuses boites de nuit s’emplissent de monde venu d’un peu partout.

Pour mon ami Lansana et moi, aller en boite de nuit n’est pas pour l’instant à l’ordre du jour, alors à pas de caméléon nous prenions la direction de « Evropeski Plochade », une grande air qui abrite tous les soirs plusieurs centaines de personnes venu profiter de la brise et souvent savourer les vertus d’une bière.

Après un peu plus de trente minutes de marche, nous y sommes. Presque comme tous les soirs la place en question est pleine à craquer. Entre les jeunes filles très légèrement habillés, tous ces sons qui s’entrecroisent et se succèdent, toutes ces lumières qui scintillent il y a vraiment de quoi laisser en éveil tous nos sens.

Comme nous ne consommons pas d’alcool, Lansana et moi faisions un tour dans le super marché de la place « Evropeski Plochade » pour un cocktail histoire de se rafraichir après une journée presque caniculaire. Nous n’avons même pas le temps d’entamer pleinement une conversation que nous sommes rejoint par un homme la trentaine, à première vue sobre.

-Salut puis je m’assoir près de vous ?

Nous le faisions une place. Il a l’air un peu bavard car après les salutations, ils enchainent successivement plusieurs questions sur notre pays d’origine, les raisons de notre séjour en Ukraine, notre adresse et j’en passe, un peu comme un interrogatoire de police. Après s’être débrouillé à donner une réponse à toutes ses nombreuses questions de façon satisfaisante le jeune homme nous conseille de faire très attention dans cette ville car en tant qu’étranger nous ne seront jamais à l’abri d’escroquerie et d’intimidation avant de prendre congé de nous.

Même pas cinq minutes après son départ nous sommes rejoint par deux hommes à moitié ivres qui à peine arrivés commencent à nous importuner, à nous agacer. Pour éviter les ennuis nous décidions de quitter les lieux. Sur proposition de Lansana nous nous dirigions vers le « Moulin Rouge » l’une des boites de nuit ou discothèque les plus branchés et relativement sure de la ville.

Au « Moulin Rouge » l’ambiance est tout autre. Entre le jeux de lumières et le bruit assourdissant de la basse on a de quoi s’éclater, mais aussi une ambiance du genre celle qui vous fait oublier le reste du monde avec tous ces problèmes, toutes ces injustices, toutes ses guerres et que sais je encore ?

Crédit photo : Moulin Rouge
Petite vue d’une des pistes de danse. Crédit photo : Moulin Rouge

A l’intérieur du Moulin Rouge j’ai compté au total trois pistes de danse. Parmi elles celle qui a le plus retenu notre attention est celle ou on joue de la musique rap et quelques tubes dancehall. On y joue du rap américain, du rap russe et ukrainien essentiellement. Cette piste de danse nous a le plus intéressé car nous sommes et avons toujours été des fans de cette musique. Elle nous est plus familière et on la préfère en l’absence des tubes de coupé-décalé, de zouglou, de rumba, de zouk et de que sais je encore.

Juste quelques minutes après avoir commencé à danser, à bouger sur le tube « black and Yellow » du rappeur Wiz Khalifa, mon ami et moi sommes assiégés par deux filles une blonde et une brunette.

-Tu bouge bien hein… c’est quoi ton nom ? me souffle la brunette à l’oreille.

Pendant ce temps Lansana et la blonde était déjà au comptoir. Qu’étaient -ils entrain d’y faire me demandais je tout bas ?

La réponse je n’allais pas tarder à la connaitre. Car la brunette qui m’a dit qu’elle s’appelait Anna me demandait à son tour de faire un tour au comptoir, elle avait soif m’expliquait-elle. Sur place elle demandait au gérant deux whisky Cola.

-Quoi… un whisky Cola ? demandais je surpris, étonné.

Elle m’a expliqué que le second était toujours offert pas le « Moulin Rouge » . Elle m’expliqua qu’il fallait que je paye après qu’elle ait fini de boire les deux boissons. J’ai directement compris que Anna était le genre de fille qu’il vaut mieux ne jamais rencontré dans sa vie. Celle qui ne vous demande de payer que quand elle a finit de consommer. Celle qui ne se rappelle que son porte feuille est vide que quand elle a finit d’utiliser ou d’user la marchandise.

Peu de temps après avoir fui Anna, je revoyais mon ami Lansana revenir vers moi avec un visage inquiet. Que s’était-il donc passer ? Je n’allais pas tarder à le savoir.

-Dis donc je viens de perdre ma casquette. S’écriait-il

-Quoi ? c’est incroyable ça, comment c’est arrivé ?

-Je dansais avec une fille quand elle a prit ma casquette et à profiter d’un moment de distraction pour disparaitre …

Malgré tous ces imprévus notre virée en nightclub ne faisait que commencer car il n’était encore que deux heures du matin. Affaire à suivre.

A bientôt j’espère pour la suite de mes aventures et mésaventures.

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keitamamady
Né en 1990 à Conakry, capitale de la Guinée, je suis étudiant à l’Université Nationale des Mines de Dnipropetrovsk (Ukraine). Passionné de journalisme et d’écriture, j'ai travaillé deux ans comme collaborateur au groupe de presse L’indépendant-le Démocrate. Je suis également le coordonnateur du club RFI d’Ukraine.

8 thoughts on “Ukraine : Chronique d’une nuit animée à Dnipropetrovsk

  1. Ah la nuit et ses possibilités d’éventuelles mauvaises rencontres ! Cependant, je ne vois pas très bien pourquoi tu as répondu aux questions – pour ne pas dire interrogatoire – du monsieur, ni payer un verre à la jeune femme..

    1. Merci Mylène pour l’intérêt que tu portes à mes publications. Pour ce qui est du Monsieur il faut savoir que mon ami Lansana est du genre un peu bavard et sympathique. Quand à la fille c’est quand elle a fini de boire qu’elle nous a fait savoir qu’elle n’avait rien dans son porte-feuille. En fait pour ces genres de filles les étrangers sont pour elles des cibles faciles …

  2. Contente de lire tes nouvelles aventures Mamady, les nuits ukrainiennes ont l’air plus aventureuses même que celles de Marseille et de ce qui se passe en bas de chez moi! Cela dit je prend bonne note et je suis assez adepte de ta technique de fuite! Parfois il ne sert à rien d’être témeraire…

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