A la découverte d’une bibliothèque pas comme les autres

Crédit photo : Phillipe Dacruz

C’est le matin, comme souvent ces derniers temps, c’est la vieille sonnerie de mon card phone qui me réveille. À l’autre bout du fil mon ami Lip :

-Salut mec bien dormi ?
-Ça peut aller… il faut dire que je ne suis encore qu’à moitié réveiller.
Comment répondre autrement quand moi le Guinéen habitué à 30 degrés à l’ombre se réveille sous une température de moins 8 degrés dehors.
Mais bon un peu comme dans la Légion étrangère française pas le temps de se plaindre. Une demi-heure plus tard, mon lit est fait et mon petit déjeuner pris. En fait je suis prêt…objectif : Trouver un endroit où je vais poser mon lourd sac pour travailler écrire les deux billets que j’ai ruminés toute la nuit.
Pas moins d’une demi-heure d’attente c’est le temps que je passe à l’arrêt de bus. il faut dire qu’en hiver les bus ne viennent jamais quand on les attend le plus. Je prends finalement place dans ce qu’ont appele ici Marchutka (bus en russe). Nous roulons une demi-heure à la suite desquels je vois par hasard cette inscription sur la façade d’un vieux bâtiment « Библиотека и Интернет » en français « bibliothèque et Internet ». »Super » je viens de trouver l’endroit calme et idéal que je recherchais pour travailler.
À l’entrée sur la droite une vieille dame plongée dans ses livres lève la tete et d’une voie sec
-Jeune homme que voulez vous ? Je suis surpris par cet accueil …
-J’ai vu sur la porte l’inscription internet…
je n’ai pas le temps de finir ma phrase elle me montre par un geste de la main …..montez au deuxième étage.
Crédit Photo : Phillipe Dacruz

Au deuxième étage on me demande de prendre un abonnement si je veux profiter des services de la bibliothèque. Après une inscription dans le vieux registre de la bibliothèque moyennant 20 uah (0,60euros) pour l’accès aux services, je reçois  ma carte d’utilisateur. Dans la grande salle sont assis deux enfants âgés entre 14 et 16 ans plongés à fond dans des jeux vidéo. Que font-ils là à cette heure un jour ouvrable ? N’ont-ils pas cours ?

Non loin de là c’est une odeur de vieux papiers enivrante qui m’appele. Je décide donc de perdre quelques minutes entre les étagères de ce lieu de méditation et d’apprentissage. Ici des tas de vieux livres pour la plupart imprimés à l’époque Soviétique en langue russe, séparés par des intercalaires imprimés eux en ukrainien ( la langue officielle en Ukraine).
Crédit Photo : Phillipe Dacruz

Juste un peu plus loin au fond de la salle, des catalogues sortis tout droit du passé sont superposés. Tout près, des tas de petites fiches, détaillant les ouvrages que possède la bibliothèque, ainsi que leur emplacement. Voilà que je finis mon tour d’horizon je reviens vers le pupitre et j’admire la collection de plante décorative de la vieille dame. Là on observe une cinquantaine de plantes, toutes bien entretenues. Au milieu desquelles trône une vieille télé.

Dès que je prends place dans un coin de la bibliothèque pour commencer à écrire mes billets, tous les regards sont sur moi. Étrange…qui sait peut-être je suis le premier Africain qui fait appel au service de la bibliothèque ?
La réponse à cette question ce sera pour un autre jour surtout du moment où tout le monde semble faire le timide en ce qui concerne le premier pas pour faire connaissance.
Pour finir J’ai bien apprécié la qualité du service à ce prix et j’ose espérer que des bibliothèques avec des ordinateurs et bonnes connexions internet voient le jour en grand nombre en Guinée et en Afrique de façon générale dans les petites villes où la volonté d’appendre est de plus en plus grande.
Par Phillipe Dacruz et Mamady Keita
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keitamamady
Né en 1990 à Conakry, capitale de la Guinée, je suis étudiant à l’Université Nationale des Mines de Dnipropetrovsk (Ukraine). Passionné de journalisme et d’écriture, j'ai travaillé deux ans comme collaborateur au groupe de presse L’indépendant-le Démocrate. Je suis également le coordonnateur du club RFI d’Ukraine.

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